Langage, Vérité et eXactitude

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17e séminaire LaVeX mardi 5 avril 2016

mardi 29 mars 2016

Séminaire LaVeX - Langage Vérité Exactitude
PEPS CNRS Idex Université Bordeaux
http://lavex.u-bordeaux.fr/

mardi 5 avril 2016 à 18h30, I2M, bâtiment A4, université de Bordeaux

L’heureux préjudice : heurs et malheurs de la vérité en traduction
par Véronique Béghain
, professeur de littérature américaine XXème et contemporaine, traduction littéraire, traductologie, université Bordeaux Montaigne

Clip15 VB lavex from LaVeX on Vimeo.

Discussion

Clip16 VB discussion lavex from LaVeX on Vimeo.

La traduction ne peut exister qu’au risque du préjudice causé à l’œuvre originale. Le traducteur bâtit nécessairement sur les décombres d’un texte, la traduction s’élaborant au lieu même d’une résistance à l’original, paradoxalement garante de sa survie, voire parfois de sa perceptibilité et de son accomplissement. Si l’histoire des théories de la traduction se prête aux retours de balancier, nous ballotant comme elle le fait entre célébration d’« infidèles » censément « belles » et éloge d’un littéralisme prétendument objectif, entre exaltation de l’équivalence formelle et culte de l’équivalence dynamique ou encore entre apologie de la démarche « sourcière » et encensement de la posture « cibliste », c’est peut-être au premier chef parce que la soif de vérité, souvent conjuguée au fantasme de la pureté – avec tout ce que ces termes charrient d’attachement à une vision idéaliste et de désir le plus souvent impensé de permanence, voire de pétrification–, se trouve au cœur de la réflexion traductologique. À partir d’illustrations faisant la part belle aux cas extrêmes et aux comparaisons de traductions, je m’efforcerai de mettre en lumière les diverses modalités de la falsification et de la dénaturation où s’origine et persévère avec bonheur la traduction, perçues non comme un mal nécessaire, mais comme une forme de « vérité » paradoxale de la traduction.